Choisir son architecte en Algérie : Ordre, contrat, honoraires et vérifications
Un architecte engage votre projet pour des années. Avant de signer, trois vérifications simples : son inscription à l’Ordre, son contrat écrit, et ce que couvre exactement sa mission. Voici comment les faire, avec les textes qui les fondent.
Rédaction yadra! — publié le 16 octobre 2026.

Photo : Thomas DIX — Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0
L’essentiel
- Titre : Réservé aux architectes inscrits au tableau national (décret législatif 94-07 du 18 mai 1994, art. 15)
- Contrat : Écrit, obligatoire entre l’architecte et le maître d’ouvrage (art. 10)
- Ordre : CNOA : 27 rue Mohamed Merbouche, Hussein Dey, Alger — contact@cnoa.dz
- Rémunération : Arrêté interministériel du 15 mai 1988, modifié le 4 juillet 2004
Un titre protégé, un tableau national
En Algérie, nul ne peut se prévaloir du titre d’architecte sans être inscrit au tableau national des architectes (décret législatif 94-07, art. 15). Ce tableau est tenu par le Conseil national de l’Ordre des architectes (CNOA), qui doit en publier chaque année la liste des membres. C’est la première vérification à faire, avant tout devis.
Le site de l’Ordre indique son adresse (27 rue Mohamed Merbouche, Hussein Dey, Alger), une adresse électronique (contact@cnoa.dz) et un téléphone (0660 73 54 51). Sa rubrique « Inscriptions » mentionne la déclaration d’exercice 2026 (pour les retardataires) et 2027, l’installation pour l’exercice de la profession et le stage professionnel.
À la date de rédaction (16 octobre 2026), la liste des inscrits ne figurait pas sur la page d’accueil du site. Demandez donc à l’architecte une attestation d’inscription à jour, et faites-la confirmer auprès de l’Ordre.
Quand faut-il un architecte ?
Toute construction soumise au visa de l’architecte doit être établie par un architecte agréé (art. 4), qui assure la conception et le suivi de la réalisation (art. 9). Les obligations de l’architecte face au promoteur, le décret du 14 avril 2026 et le dossier de permis sont détaillés dans Architecte et promoteur : qui fait quoi. Ici, on se place du côté du client : comment choisir.
Le contrat de maîtrise d’œuvre, point par point
La relation entre l’architecte et le maître d’ouvrage doit être formalisée par un contrat écrit (art. 10). Ne démarrez rien sans lui. Voici les points à y trouver. Ce n’est pas une liste légale, c’est le bon sens de la pratique :
- L’objet et le périmètre : conception seule, ou conception et suivi de chantier ? Quelles phases (esquisse, avant-projet, dossier de permis, plans d’exécution, réception) ?
- Le calendrier : dates de remise des plans, délai de dépôt du permis.
- La rémunération : montant, base de calcul, échéancier de paiement.
- Les modifications : ce qui est inclus, ce qui est facturé en plus.
- Les intervenants : bureau d’études associé, contrôle technique, qui coordonne.
- La résiliation : conditions et conséquences.
Combien coûte un architecte ? Ce que nous pouvons dire
Le texte de référence cité par l’Ordre est l’arrêté interministériel du 15 mai 1988, modifié le 4 juillet 2004, sur les modalités d’exercice et de rémunération de la maîtrise d’œuvre en bâtiment. Nous n’avons pas pu consulter son barème : nous ne publions donc aucun pourcentage pour l’Algérie.
Le bon réflexe : demander ce texte à l’Ordre, puis comparer au moins deux devis écrits sur le même périmètre. Deux prix ne se comparent que si les missions sont identiques.
Du diplôme à l’inscription : ce qu’il faut savoir
Un architecte diplômé n’est pas inscrit d’office. Le décret exécutif 98-153 du 13 mai 1998 définit le stage à accomplir pour l’inscription au tableau national, et le décret exécutif 96-293 du 2 septembre 1996 fixe le fonctionnement des instances de l’Ordre. Pour le parcours de formation, voir notre guide sur l’EPAU d’Alger et le chemin pour devenir architecte.
L’indépendance et la discipline
Le décret législatif 94-07 déclare l’exercice privé de la profession incompatible avec la qualité de salarié d’un entrepreneur ou d’un promoteur (art. 22). Les manquements exposent l’architecte à des sanctions disciplinaires : avertissement, blâme, suspension temporaire, radiation en cas de fautes graves répétées (art. 44 et 47).
La liste de contrôle en huit points
- Le nom complet et le numéro d’inscription de l’architecte.
- Une attestation d’inscription à jour, confirmée auprès de l’Ordre.
- Un contrat écrit, signé, avec périmètre et calendrier.
- Un devis détaillé, comparé à au moins un autre.
- Deux ou trois réalisations récentes, à visiter si possible.
- Le nom du bureau d’études et de l’organisme de contrôle technique.
- Qui assure le suivi de chantier, et à quelle fréquence.
- Le numéro et la date du permis de construire, une fois déposé.
Pour l’autre côté de la table, vérifier un promoteur suit la même logique : preuves écrites, références, registre.
Questions fréquentes
- Comment vérifier qu’un architecte est agréé ?
- Il doit être inscrit au tableau national des architectes, tenu par le CNOA. Demandez une attestation d’inscription à jour et confirmez-la auprès de l’Ordre (contact@cnoa.dz).
- Un contrat écrit est-il obligatoire ?
- Oui : la relation entre l’architecte et le maître d’ouvrage doit être formalisée par un contrat écrit (décret législatif 94-07, art. 10).
- Existe-t-il un barème des honoraires ?
- Le texte cité par l’Ordre est l’arrêté interministériel du 15 mai 1988 modifié le 4 juillet 2004, sur la rémunération de la maîtrise d’œuvre en bâtiment. Nous n’avons pas pu en consulter le contenu : demandez-le à l’Ordre.
- Un architecte peut-il être salarié d’un promoteur ?
- L’exercice privé de la profession est incompatible avec la qualité de salarié d’un entrepreneur ou d’un promoteur (art. 22).
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Sources
- Décret législatif 94-07 du 18 mai 1994 modifié par la loi 04-06 (texte consolidé) ; décrets exécutifs 96-293 du 2 septembre 1996 et 98-153 du 13 mai 1998
- Conseil national de l’Ordre des architectes (CNOA), site officiel, consulté le 16 octobre 2026
- Journal officiel de la République algérienne
Cet article a un objectif informatif et ne remplace pas un conseil juridique. Les textes cités sont à vérifier au Journal officiel ou auprès de l’Ordre.