AAPI : 79 terrains validés pour l’investissement, ce que ça veut dire (et ce que ça ne veut pas dire)
Le conseil d’administration de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) a validé 79 assiettes foncières, soit 197,5 hectares répartis sur huit wilayas. L’annonce, publiée le 7 octobre 2026, a beaucoup circulé. Mais de quels terrains parle-t-on exactement ? Qui peut les obtenir, à quelles conditions, et est-ce que cela concerne le logement ? Voici ce que disent les sources, et ce qu’elles ne disent pas.
Ce que l’AAPI a décidé
Selon Algérie Éco, Jeune Indépendant et L’Express DZ, le conseil d’administration de l’AAPI, réuni en deuxième session ordinaire sous la présidence d’Abderrezak Azzab et en présence du directeur général Omar Rekkache, a approuvé :79 assiettes foncières, d’une superficie totale de 197,5 hectares ; réparties sur huit wilayas : Bordj Bou Arréridj, Médéa, Oran, Ouled Djellal, Relizane, Tindouf, Saïda et Batna ; l’octroi de foncier économique à 17 projets d’investissement, après examen des demandes déposées par leurs promoteurs. Ces terrains seront « prochainement » proposés aux investisseurs sur la plateforme numérique de l’investisseur, qui doit leur permettre de consulter les assiettes disponibles (localisation, superficie, vocation) et de déposer leur demande « sans multiplier les démarches administratives », selon Jeune Indépendant.
Ce que les sources ne disent pas
Les articles consultés ne donnent ni la répartition des 79 parcelles par wilaya, ni les secteurs d’activité, ni les emplois ou les montants d’investissement des 17 projets approuvés, ni de calendrier d’ouverture de la plateforme. Toute estimation de ces chiffres serait de l’invention : nous les ajouterons si l’AAPI les publie.
« Foncier économique » : de quels terrains parle-t-on ?
Le cadre est fixé par la loi n° 23-17 du 15 novembre 2023 (Journal officiel du 16 novembre 2023), qui complète la loi n° 22-18 du 24 juillet 2022 sur l’investissement. Elle régit l’octroi du foncier économique du domaine privé de l’État aux projets d’investissement, c’est-à-dire des activités de production de biens et de services. Selon l’analyse du cabinet Loucif & Co, il s’agit notamment de terrains aménagés des zones industrielles et des zones d’activités, et de terrains aménagés situés dans le périmètre des villes nouvelles. La loi exclut expressément les terres agricoles, les terrains des périmètres miniers et ceux des périmètres de recherche et d’exploitation des hydrocarbures.
Ce que ce n’est pas : des terrains pour construire des logements
Point essentiel pour un acheteur : cette annonce ne concerne pas des terrains destinés à des logements neufs. Aucune des sources consultées ne mentionne de programme résidentiel. Mieux : selon l’analyse juridique de la loi 23-17, la concession de 33 ans renouvelable s’applique « à l’exception des terrains destinés à la promotion immobilière à caractère commercial », qui relèvent d’un autre régime. Si vous cherchez ce qui se construit pour se loger, les repères sont ailleurs : le programme de 360 000 logements de 2026, les villes nouvelles ou les programmes publiés sur yadra!.
Comment un investisseur obtient un terrain
D’après la loi 23-17 telle que résumée par Loucif & Co :Qui : toute personne physique ou morale, nationale ou étrangère, résidente ou non résidente. La demande se fait exclusivement sur la plateforme numérique de l’investisseur gérée par l’AAPI. Comment : l’AAPI, par son guichet unique et sur délégation de l’État, octroie le terrain par concession de gré à gré, selon un cahier des charges type. Durée : 33 ans, renouvelable. Droits : la concession donne le droit d’obtenir un permis de construire et de constituer une hypothèque sur le droit réel qui en résulte. Coût : une redevance locative annuelle, due à partir de la date d’entrée en exploitation de l’investissement, constatée par l’AAPI.
Les obligations et la sortie
Le cahier des charges impose notamment : ne pas changer la destination du terrain (sauf autorisation de l’AAPI), réaliser le projet dans les délais prescrits, payer les redevances et maintenir la vocation économique du terrain après la réalisation. Deux mécanismes méritent d’être connus :Conversion en cession : après achèvement du projet, obtention du certificat de conformité et entrée en exploitation, le concessionnaire peut demander que la concession devienne une cession, sur la base de la valeur vénale fixée au moment de l’octroi, déduction faite des redevances déjà versées. Droit de préemption de l’État : l’AAPI peut l’exercer, au nom de l’État, sur les biens immobiliers cédés par le bénéficiaire, et sur d’autres biens situés dans les périmètres et zones aménagés. Les délais et modalités de la conversion doivent être précisés par voie réglementaire.
Pourquoi cela peut intéresser un acheteur ou un investisseur immobilier
Sans extrapoler : les zones d’activités et les zones industrielles sont des lieux de travail, et l’activité économique d’un territoire est un des éléments qui font vivre un marché du logement. Mais aucune des sources ne chiffre les emplois attendus : on ne peut donc pas en déduire d’effet précis sur la demande de logements à Oran, Batna ou ailleurs. Ce sont des signaux à suivre, pas des promesses. Avant d’acheter près d’une zone d’activités, vérifiez ce que le plan d’urbanisme autorise autour : notre guide sur le PDAU et le POS explique comment lire ces documents. Pour un projet de local commercial, voir aussi investir dans un local commercial neuf.
Un rythme d’annonces à suivre
L’annonce du 7 octobre n’est pas isolée. En novembre 2025, l’AAPI a mis à disposition des terrains aménagés à Constantine. En avril 2026, elle a invité les investisseurs à manifester leur intérêt pour des terrains dans six zones industrielles : Constantine (El Douames), Sidi Bel Abbès (Ras El Ma), Tlemcen (El Aricha), Djelfa, Médéa (Boughzoul) et Tiaret (Zaaroura), en précisant que la plateforme numérique est « l’unique canal de dépôt des demandes » (Algérie Éco). La validation de 79 assiettes s’inscrit dans cette ouverture progressive du foncier économique, par vagues. Sources : Algérie Éco, « L’AAPI approuve 79 assiettes foncières pour des projets d’investissement » (7 octobre 2026) ; Jeune Indépendant, « AAPI : 79 nouvelles assiettes foncières mobilisées » ; L’Express DZ (7 octobre 2026) ; Loucif & Co, note d’information sur la loi n° 23-17 du 15 novembre 2023 relative au foncier économique (21 novembre 2023) ; Algérie Éco, « AAPI : des assiettes foncières d’investissement disponibles dans plusieurs wilayas » (16 avril 2026) ; loi n° 22-18 du 24 juillet 2022 relative à l’investissement.
Questions fréquentes
- Que signifie « l’AAPI valide 79 terrains » ?
- Le conseil d’administration de l’AAPI a approuvé 79 assiettes foncières (197,5 hectares) dans huit wilayas pour des projets d’investissement. Elles seront prochainement proposées aux investisseurs sur la plateforme numérique de l’investisseur ; 17 projets ont par ailleurs été retenus pour bénéficier de foncier économique.
- Ces terrains servent-ils à construire des logements ?
- Les sources ne mentionnent aucun programme de logement. Il s’agit de foncier économique destiné à des activités de production de biens et de services, et la loi exclut de la concession de 33 ans les terrains destinés à la promotion immobilière à caractère commercial.
- Un Algérien de l’étranger ou un étranger peut-il demander un terrain ?
- Oui : selon la loi 23-17, toute personne physique ou morale, nationale ou étrangère, résidente ou non résidente, peut déposer une demande, exclusivement via la plateforme numérique de l’investisseur de l’AAPI.
- Combien de temps dure la concession ?
- 33 ans, renouvelable. Elle peut être convertie en cession après achèvement du projet, obtention du certificat de conformité et entrée en exploitation, sur la base de la valeur vénale fixée à l’octroi, déduction faite des redevances versées.