Mourabaha, ijara, istisna’a : ce que l’exonération des droits de mutation changerait en 2027

Acheter un logement avec une banque islamique coûtait jusqu’ici plus de formalités, et plus de frais, que le crédit classique. Le projet de budget 2027 s’attaque au problème : plus de droits de mutation ni de publicité foncière sur ces contrats. Ce que le texte dit précisément, ce que cela peut valoir en économie, et ce qui reste à confirmer.

Rédaction yadra! — publié le 24 octobre 2026.

La corniche d’Annaba, le long de la mer
Photo : Sama23WIKI / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 (recadrée).

L’essentiel

Ce que prévoit le texte

Selon Algérie360 (17 octobre 2026), le gouvernement prévoit d’exonérer les contrats de mourabaha, d’ijara mountahia bi tamlik et d’istisna’a des droits de mutation et de publicité foncière. Le but affiché : réduire le coût d’acquisition d’un logement et rendre les produits islamiques plus attractifs, pour les particuliers comme pour les banques.

L’article 34 modifie le paragraphe 8 de l’article 258 du code de l’enregistrement : il exonère du droit de mutation la vente d’appartements achevés et les transferts réalisés dans le cadre de ces trois contrats. L’article 35 touche à la publicité foncière. L’exonération de publicité foncière est aussi étendue aux contrats de financement d’investissements des entreprises.

Trois contrats, trois façons d’acheter

Petit rappel, en une ligne par contrat (définitions générales de la finance islamique) :

Pourquoi les droits pesaient

Le texte ne l’explique pas en ces termes, mais la mécanique se devine : dans une mourabaha, le bien passe d’abord de son vendeur à la banque, puis de la banque à vous. Deux transferts de propriété, donc deux occasions de payer des droits. C’est sans doute ce surcoût que la mesure cherche à effacer. Si c’est bien le cas, l’économie serait surtout sensible sur les montages où le bien est acheté par la banque avant d’être revendu.

Cette lecture est la nôtre. Aucun chiffre d’économie n’a été publié : nous n’en avançons donc pas.

Comment les droits seraient calculés

Pour les cas qui restent soumis à un droit, Algérie360 relève des règles de calcul :

Ce qu’il faut vérifier avant de signer

Ce qui reste à confirmer

L’adoption du texte par le Parlement, sa version finale, les décrets d’application, la manière dont les banques islamiques traduiront la mesure dans leurs offres. Nous n’avons consulté qu’un article de presse, pas le projet lui-même. Pour le contexte de l’ensemble du projet de budget, voir PLF 2027 : ce que le budget changerait.

Questions fréquentes

Les droits de mutation disparaissent-ils pour tous les achats ?
Non. Le projet ne vise que les contrats de la finance islamique (mourabaha, ijara mountahia bi tamlik, istisna’a) et, séparément, le logement aidé par l’État. Un achat comptant ou à crédit classique reste soumis aux règles actuelles.
Combien économiserait-on ?
Aucun chiffre n’a été publié. Le montant dépend de la valeur du bien et du montage choisi : demandez une simulation à la banque, avant et après exonération.
La mesure s’applique-t-elle aux logements neufs sur plan ?
L’istisna’a, financement d’un bien à construire, figure parmi les contrats visés. Le texte distingue aussi les biens achevés et ceux en cours de réalisation : vérifiez le cas de votre programme avec la banque.
Faut-il attendre 2027 pour signer ?
Pas forcément. Le texte n’est pas voté et la date exacte n’est pas connue. Décidez d’abord sur le coût total du financement et la qualité du programme, pas sur une exonération annoncée.

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Sources

Cet article rapporte un projet de loi à partir d’un article de presse. Il a un objectif informatif et ne remplace pas l’avis de votre banque ni d’un notaire.

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